Les zoos humains, un pan occulté de l’histoire de France

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Il y a à peine 70 ans qui nous sépare de l’époque des zoos humains en France. Des africains, des amérindiens et des peuples de l’océan Pacifique et Indien étaient régulièrement arrachés à leurs sociétés afin de satisfaire la curiosité du public européen.

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Exposer des « échantillons » de populations étrangères dans une reconstitution d’environnement exotique était une propagande efficace pour légitimer la colonisation. On plaçait les « sauvages » dans des villages de pacotille et on les revêtait de costumes qui correspondaient plus à l’imaginaire des visiteurs qu’à leurs véritables coutumes. En dépit du froid et de la température de l’eau, on obligeait certains à se baigner dans des criques aménagées. Et ces mises en scène avaient pour but de démontrer au milliard de visiteurs, qui a défilé au jardin d’acclimatation de Paris pendant 140 ans, que la colonisation était indispensable afin de « civiliser » ces « sauvages ignorants et potentiellement dangereux ».

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Malgré l’abolition de l’esclavage en 1848, pendant encore un siècle des êtres humains ont subi des humiliations quotidiennes dans ces zoos avant de mourir dans l’indifférence la plus totale des suites de maladies dues au froid, de sous-alimentation ou d’absence de soins médicaux. Cette indifférence de leur sort perdure puisque ce système déshumanisant n’a jamais été condamné par le gouvernement français. L’état n’a toujours pas reconnu qu’enfermer des hommes, des femmes et des enfants dans des cages et les forcer à reproduire des grimaces et des cris plusieurs fois par jour jusqu’à leur décès fut un acte odieux.

Buschmen [groupe]

Les familles des victimes n’ont aucun endroit où se recueillir dans le jardin d’acclimatation pour honorer la mémoire de leurs ancêtres. La plupart des dépouilles n’ont jamais été rendues aux familles. Et pour ceux qui pensent que ces faits appartiennent au passé, sachez qu’en 1994, le parc zoologique de Port-Saint-Père près de Nantes, a essayé d’ouvrir un village ivoirien avec 25 hommes et femmes qui devaient être exposés torse nu quand la température le permettait et danser pour le plaisir des visiteurs. L’opération était sponsorisée par la marque Saint-Michel, pour faire la promotion de biscuits intitulés Bamboula. Demain, samedi 29 septembre 2018, le documentaire « Sauvages, au coeur des zoos humains » sera diffusé sur la chaîne télévisée Arte à 20h50 afin de lever le voile sur un pan de l’histoire qui est complètement occulté par la France. Surtout ne manquez pas l’occasion de partager une vérité ignorée en diffusant cet article sur whatsapp et sur vos réseaux.

Safia Enjoylife

documentaire « Sauvages, au coeur des zoos humains »:

 

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