Black Wall Street

Dans les années 1910, aux États-Unis, la communauté noire de la ville de Tulsa, en Oklahoma, a réussi à organiser une telle coopération sociale et économique qu’elle s’est considérablement enrichie. En raison de la ségrégation raciale, tous les noirs de Tulsa étaient écartés dans un quartier à l’extérieur de la ville. Ce quartier appelé Greenwood a  fini par être surnommé « black wall street » en raison de son économie florissante.

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quartier de Greewood surnommé Black Wall Street grâce à son dynamisme économique et sa force financière.

Les noirs étant bannis de la plupart des enseignes blanches de Tulsa, au fur et à mesure ils ont ouvert leurs propres commerces au sein de Greenwood et ils ont développé une autonomie digne d’une ville à part entière. C’est ainsi que Greenwood  comptait 21 restaurants, 30 épiceries, 2 cinémas, 1 centre de santé, 1 banque, 1 librairie, 1 bibliothèque, 1 poste, des écoles, des cabinets d’avocats, une compagnie de bus et même deux avions. Chaque enseigne était détenue et dirigée par des noirs.

Greenwood s’est enrichi car les noirs qui travaillaient pour les blancs dépensaient l’argent gagné uniquement dans les commerces noirs. L’argent ne faisait qu’entrer dans la communauté noire de Tulsa. Il n’en sortait pas. Si bien que les entrepreneurs noirs ont commencé à s’acheter des voitures et à bâtir de superbes maisons.

Ces entrepreneurs noirs aidaient le reste de leur communauté avec une coopérative financière qui permettait de payer les soins de santé des familles démunis ou d’acheter leurs courses. L’enrichissement de Greenwood a rapidement suscité la jalousie des blancs de Tulsa qui n’avaient ni voiture luxueuse ni belle maison. La tension raciale s’accentua avec des persécutions policières et des licenciements arbitraires. Un jour fatidique, un prétexte permis de réduire à néant l’organisation et les efforts de la communauté noire de Greenwood. Cet événement s’appelle LE MASSACRE DE BLACK WALL STREET et il a eu lieu dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1921.

L’après-midi du 31 mai 1921, un adolescent noir fut accusé par une jeune fille blanche d’avoir tenté de la violer. L’accusatrice était celle qui manoeuvrait l’ascenseur que le garçon noir empruntait chaque jour pour aller travailler. Ce jour là, la fille prétendit que le garçon noir l’agressa dans l’ascenseur le temps de monter à l’étage. Le garçon fut immédiatement arrêté. La nouvelle se répandit et rapidement une foule de personnes blanches encercla le commissariat afin de lyncher l’adolescent noir. Quelques hommes noirs armés de fusil arrivèrent pour proposer leur aide aux policiers afin de défendre la vie de l’adolescent noir.  Un membre de la foule hystérique provoqua l’un des protecteurs noirs. Une altercation s’en suivit. Un coup de feu retentit. Il n’en fallu pas plus pour déchaîner la fureur de la foule blanche.

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foule raciste hystérique

La nuit du 31 mai 1921, le quartier noir de Greenwood fût réduit en cendre. Une milice d’environ 2000 membres du ku klux klan tua chaque individu noir qui croisa son chemin, homme, femme, enfant, personne âgée. Cette milice déroba l’argent et les bijoux de chaque victime en fouillant leurs poches et leurs sacs à main. Elle pilla également chaque magasin. Ensuite elle incendia toutes les maison et tous les commerces. Pour finir elle mitrailla depuis une colline chaque noir de Greenwood qui tentait de fuir les flammes. En quelques heures, plus de 1000 noirs furent massacrés, 600 commerces pillés et le quartier entièrement brûlé.

Plus de 10 000 survivants se retrouvèrent veufs(ves), orphelins, sans maison, sans vêtement, sans travail. Ils durent enterrer leurs morts par leurs propres moyens. Ils ne furent ni relogés, ni dédommagés. La plupart durent partirent dans d’autres villes afin de trouver refuge chez des amis. Le massacre de BLACK WALL STREET est le pire acte (documenté) commis envers la population noire des États-Unis depuis l’abolition de l’esclavage.  Pourtant les pilleurs meurtriers n’ont jamais été inquiétés par la justice.

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L’histoire de black wall street se termine de façon tragique, néanmoins j’en tire 2 informations cruciales:

1) les noirs sont capables de cohésion, de coopération et de solidarité. D’ailleurs du nord au sud de l’Afrique, de l’est à l’ouest, toutes les sociétés africaines ont toujours privilégié la mutualisation, le partage, l’entraide et l’altruisme.

2) la communauté noire peut gagner en pouvoir et en richesse matérielle très rapidement lorsqu’elle s’organise et qu’elle coopère entre elle. Les noirs sont capables d’entreprendre brillamment, de posséder des biens de valeur et de diriger avec succès. Ils savent réfléchir sur le long terme, faire fructifier des acquisitions et pérenniser une situation prospère.

Au-delà d’être un génocide impuni, l’histoire de Black Wall Street démontre que lorsque la communauté noire consomme chez des entreprises noires en priorité, alors elle progresse de façon fulgurante sur les plans économiques, intellectuels et structurels.
Nous devons absolument reconstruire ce que l’oppresseur s’est appliqué à démanteler : la coopération communautaire, la solidarité, la mutualisation des ressources et un système économique intra-communautaire. Commençons dans notre quotidien en donnant la priorité aux productions locales et en favorisant dès que c’est possible les entrepreneurs noirs. Soutenons l’artisanat plutôt que l’industriel. Consommons chez le compatriote plutôt que chez le colon ou l’étranger. Si chacun met en place de nouvelles habitudes et montre l’exemple à sa famille, à son voisin, ou à son collègue, en très peu de temps notre communauté évoluera vers une puissance économique et sociale qui nous rendra la dignité, la justice et la liberté dont le colon continue de nous priver au 21e siècle.

Safia Enjoylife

4 commentaires sur « Black Wall Street »

  1. Bonsoir, je suis outrée par tant de cruauté sur une couleur de peau. Je suis révoltée, en colère que de tel chose se soit passé. J’ai envie de crier, hurler et dire aux gens noirs de se relève et garder la tête haute. Je suis déterminée à faire de mon mieux pour moi et mes enfants et leurs futurs à eux. Merci

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