1ère étape de la Réunification

Apparemment, certains africains ne se considèrent pas comme tel parce qu’ils n’ont jamais vécu en Afrique. Selon eux le lien entre leur origine et eux est rompu depuis trop longtemps. Ils se sentent étrangers à leur racine. D’autres soutiennent qu’ils sont métissés donc pourquoi se tourner vers l’Afrique plutôt qu’une autre origine. Ça ne les intéresse pas non plus de réparer ce lien.

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En parallèle ces mêmes personnes rêvent d’aller aux États-Unis et fantasment de vivre le « rêve américain ». Au point qu’elles s’habillent comme les américains, qu’elles mangent comme eux, qu’elles connaissent leur histoire et leur culture de fond en comble. Ces personnes apprennent même l’anglais pour écouter les émissions, comprendre les chansons et regarder les télé-réalités.

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Cela s’explique par le fait que les États-Unis montrent une façade de puissance, d’excellence et de réussite prodigieuse. L’image renvoyée par les séries, les films et les clips est grandiose ! Belles maisons, beaux vêtements, technologie à la pointe, super-héros, protagoniste courageux qui réussit toujours à triompher !

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Quant aux exemples d’acteurs, d’humoristes, de chanteurs, de sportifs et de mannequins qui sont partis de plus bas que nous et qui ont connu la fortune et la célébrité, une calculatrice ne suffirait pas pour les compter. Leurs corps nous ont fait rêver ! On a grandi en imitant leur swag. Jusqu’à présent ce sont eux qui maîtrisent la tendance. Grosse fesse, maquillage contouring, lace colorée. Même si ça existait déjà ailleurs ça ne prend de la valeur que quand eux ont validé.

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Entreprenariat, sciences, politique, les africains des États-Unis brillent partout d’une lumière éclatante qui plonge les autres pays dans les ténèbres de la banalité.
Il n’y a pas de secret. L’Afrique séduira sa diaspora en médiatisant massivement ses richesses, ses opportunités professionnelles, ses arts et tous les africains qui rencontrent une réussite phénoménale ! Il va nous falloir envahir tous les secteurs de la culture populaire. Alors au travail !

En attendant que tout ceci se mette en place, sachez que la verbalisation de nos pensées possède un pouvoir créateur. C’est d’ailleurs pourquoi il y a quelques mois j’ai décidé de créer une réunification à mon échelle entre la diaspora et ceux du continent en utilisant un seul terme pour les désigner: africains. J’ai fini par remarquer que même si un sino-descendant est né aux États-Unis, en France ou au Congo, et qu’il y vit depuis 60 ans, et qu’il est la 3e génération installée là-bas, et qu’il n’a jamais mis un orteil en Chine, et qu’il est marié à une personne étrangère à sa communauté éthnique, il est appelé « chinois » et il sera toujours perçu comme appartenant à l’identité asiatique.

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Ça peut paraître comme une forme de rejet mais en réalité, lorsqu’une girafe est envoyée dans un zoo à New York ou au Brésil, peu importe combien de temps elle reste éloignée du continent, peu importe si elle n’y retourne jamais, peu importe si elle ne mangera plus jamais la même chose et si elle s’est totalement adaptée à son nouvel environnement, il nous paraît évident de la considérer comme africaine. Ça vaudra pour son petit même s’il naît à New York ou au Brésil. Et ça vaudra pour le petit de son petit. Même à la 5e génération dans le zoo, toutes les girafes seront considérées comme appartenant à l’Afrique. Est-ce un rejet ? Non c’est simplement parce l’Afrique est le seul endroit au monde d’où leur espèce provient.

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Les différentes concentrations d’Africains dans le monde, la couleur foncée étant la concentration la plus élevée et l’absence de couleur révélant une infime minorité.

Je pense que nous aurons fait un grand progrès lorsque tous les afrodescendants se considèreront comme des africains et lorsque tous ceux du continent considèreront la diaspora comme africaine y compris ceux et celles qui n’ont jamais mis le pied sur la terre mère. Je pense que verbaliser cette unité est un enclenchement. A force de l’entendre et de le répéter ça imprègnera nos cerveaux et ça préparera nos mentalités au retour pour les uns et à l’accueil pour les autres. Je veux croire que cette sémantique contribuera à la cohésion qui est indispensable au redressement des peuples africains et à la reconstruction de leurs puissances.

Safia Enjoylife

4 commentaires sur « 1ère étape de la Réunification »

  1. Cet article résonne en moi car je me sens Africaine même si je n’y ai jamais mis les pieds mais cela ne fait pas très longtemps. Car avant je me vexais quand on me demandait si j’étais africaine. Du au fait de cette réflexion commune que j’avais déjà entendu a savoir  » tous les noirs se ressemblent ». Ce sentiment de ne pas me sentir africaine même si mes ancêtres l’étaient venait de mon histoire. Je suis née en Vendée mais je ne me sens pas vendéenne. J’ai tjrs dit que je me sentais citoyenne du monde. Mes parents sont antillais et mes grds parents aussi. Je suis d’accord avec ta vision et ton article sur la propagande orchestrée par la vision des noirs aux Etats Unis.

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  2. Vision et principe intéressants… Que je partage (surtout concernant l’importance de la sémantique)… Je suis Martiniquais (donc afro-descendant), pourtant mon apparence physique est plus proche de l’Européen, de l’indien que du mélanoderme….Safia, vous expliquez le cas du chinois sur plusieurs générations…. On l’appellera chinois… Mais dans le cas de populations tellement métissées… lorsque l’apparence physique se rapproche autant de l’Européen, de l’indien (voir plus) que de l’Africain…. les choses se compliquent. Je me sens Africain, pourtant le regard des autres s’impose à moi comme un déni de mon Africanité… J’ai pris le parti de me dire que nous sommes finalement, au vu de l’histoire de l’humanité, tous afro-descendants…
    PS : J’apprécie énormément votre travail. Comme nous disons chez nous : Foss’ !

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  3. Les Noirs qui estiment ne rien à voir avec l’Afrique, parce que le lien est rompu depuis trop longtemps ou parce qu’ils sont métissés, ne doivent tout de même ne jamais oublier que le comportement des Blancs à leur égard est imprégné de l’idée qu’ils se font de l’Afrique. Le sentiment de ces Noirs ne changent donc pas la condition que leur assignent les Blancs. Les Européens qui se sont implantés partout dans le monde gardent une certaine union sacrée de leur origine Européenne qui se lit à travers la couleur de leur peau. Quant à votre projet de verbaliser l’unité des Noirs à travers le monde en les désignant par le terme « Africain », il vous impose par la même occasion d’appeler les Américains blancs, les Australiens blancs, les Brésiliens blancs…. des Européens.

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    1. A la différence des Américains blancs, des Australiens blancs, des Brésiliens blancs,….qui connaissent très bien leur histoire, puisque c’est celle que nous apprenons à l’école, beaucoup de noirs de par le monde, du fait de l’esclavage, sont dans l’impossibilité de s’identifier à un pays africain. Aussi, par solidarité et fierté, il serait plus judicieux de tous nous nommer par le terme de « Africain ».

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