Le pouvoir des danses africaines

 Danse traditionnelle des guerriers zoulous:

Pour les sociétés africaines la danse n’est pas juste un divertissement. C’est la synchronisation:

–  de l’esprit et des organes avec les vibrations,

– des gestes avec le rythme du son,

– des mouvements entre plusieurs êtres humains.

L’obtention de la synchronisation requiert de l’entraînement, de la discipline, de la concentration et de la rigueur. C’est d’ailleurs dans le but de développer ces compétences que les armées des puissants empires africains incorporaient la danse dans leur entraînement militaire. C’est le cas des guerriers zoulous par exemples (regarder vidéo ci-dessus).

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La danse avait également une dimension spirituelle dans les anciennes sociétés africaines puisque la musique est un lien direct avec les forces invisibles. Une comparaison simple : si la musique est l’électricité, la danse est l’interrupteur qui permet d’allumer la lumière. La lumière peut être présente à tout moment mais elle n’apparaît que lorsqu’on déclenche l’interrupteur. C’était exactement le rôle de la danse pour les anciennes sociétés africaines qui étaient conscientes qu’il y a des éléments que nos yeux ne voient pas, que notre nez ne sent pas, que nos oreilles n’entendent pas, que nos doigts ne touchent pas mais qui existent bel et bien et qu’on peut utiliser lorsqu’on sait établir une connexion avec eux.

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réunion secrète entre africains pendant l’esclavage: danse, percussions, chants, contes.

Les colons européens ont craint la synchronisation des africains car eux ne la maîtrisaient pas. Ils ont tenté d’éloigner les africains de ce pouvoir en leur interdisant de danser et de jouer du tambour pendant l’esclavage. Les africains ont continué à danser en cachette alors les colons ont créé une propagande qui a d’une part réduit la danse au simple divertissement, et d’autre part qui a diabolisé sa pratique en l’associant à une activité démoniaque. Subséquemment, le pouvoir de la danse a été plongé dans la honte et l’oubli pendant longtemps.

Mais quelques érudits ont transmis le secret discrètement de génération en génération, ainsi non seulement la maîtrise du rythme et de la synchronisation a été conservée mais en plus de nouvelles danses ont été créées par les africains partout en Amérique et dans la Caraïbe: claquettes, twist, beebop, disco, funk, break, smurf, crunk, hip hop, salsa, merengue, samba, capoeira, soca, dancehall, tango, souk, danmié, bèlè, biguine, mazurka, gwo ka, kasé kô, bélya, kaladja, moulala, grajé, quadrille, lérol, débot, kanmougué, labasyou, laboulanjèr, ladjanmbèl, piké djouk, awassa, songué, soussa, sékéti, touka, nago, ibo, pas-rigol, rara, yanvalor, maloya, chakacha, biyaya, wadaha, chigoma, et des centaines d’autres.

 

Aujourd’hui les africains sont en train de récupérer la pleine puissance de la synchronisation. Beaucoup de jeunes produisent des mouvements et des gestes qu’ils pensent inventer, alors qu’en réalité c’est l’information ancestrale encodée dans leurs gènes qui rejaillit ! La magie de la génétique ne réside pas seulement dans le fait de reproduire parfois une ressemblance physique entre enfants et parents. La génétique est également capable de libérer des connaissances emmagazinées plusieurs siècles auparavant, et ce indépendamment d’une connaissance et d’une pratique de la tradition. C’est ainsi que notre époque voit ressurgir dans la plupart des sociétés africaines de la Caraïbe et des Amériques des pas de danse qui ressemblent geste pour geste aux pas de danses ancestrales africaines alors que les danseurs contemporains ne les ont jamais vu et n’en ont jamais entendu parler.

La plupart des mouvements de Stéphane Legar (ci-dessous) trouvent leur origine dans les lointaines traditions africaines même s’il n’en a probablement pas conscience. Les mouvements sont légèrement réadaptés au rythme plus accéléré des nouveaux genres musicaux.

Ne sous-estimez plus le rôle de la danse. Ce n’est pas juste un art ou un sport. C’est une clé ! Notre inconscient collectif le sait, c’est pourquoi la danse est aussi présente dans toutes les communautés de la diaspora africaine. D’ailleurs marquez les danses de chez vous en commentaire.

Safia Enjoylife

 

5 danses africaines à découvrir:

Un commentaire sur « Le pouvoir des danses africaines »

  1. Quelle richesse. Merci de nous partager autant. De contribuer à nous faire découvrir notre patrimoine historique. Merci pour cette passion de la transmission !

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